15/03/2009

Toujours dans les arbres

C'était il y a quelques années, notre professeur de dessin se mit un jour en tête de faire sentir à la bande de jeunes braillards décervelés au milieu desquels le hasard avait résolu de me placer, que le beau pouvait se trouver là où on ne l'attendait pas. Le beau... j'entends encore les longs aboiements de phoque que ce mot obscène avait déclenchés.
Il avait alors eu un long et courageux développement du reste très inspiré sur les caténaires qui transportent le courant à haute tension, décrivant la diversité de leurs formes élancées, leur géométrie titanesque lancée à la gueule de l'immensité du ciel. Le cours s'est probablement terminé comme les autres, dans un brouhaha pitoyable, et je me désole de n'avoir pas hissé le drapeau blanc pour apporter mon soutien à notre pédagogue dont le discours m'avait convaincu.
Je repense à cet épisode en reproduisant les installations électriques et autres verrues de la modernité qui balisent désormais nos paysages presque autant que les arbres dont c'est le boulot depuis belle lurette. Je leur laisse bien volontiers la place qu'ils méritent, ils apportent une touche de crédibilité aux paysages, ils ont leur esthétique intrinsèque ou dans les effets de rythme et de perspective qu'ils provoquent.

2 commentaires:

Jaxer a dit…

Voilà, aquarelle et humour sont compatibles, encore une démonstration de Yves.
J'en ris encore ...

yann a dit…

Bel hommage à la contradiction de principe que l'on peut exprimer lorsque l'on est ado!

Car tout ce qui possède forme est systèmathiquement beau....Tout étant question d'angle de vue.
En tout cas, la petite aqua electrique que tu nous offres est une belle réussite.

Bonne suite!